Le temps est mitigé pour ce spectacle. Le texte est remarquable et j'en conseille la lecture aussi bien aux plus jeunes qu'aux plus grands et pourquoi pas aussi aux enseignants ou éducateurs. Nous entrons dans le quotidien de Ludovic, un jeune garçon plein de vie mais un peu plus lent que ses camarades de classe. Alors que sonne l'heure de la récréation, Ludovic subit les taquineries qui se transforment vite en moqueries. Soudain, entre les rires mesquins, fuse le mot qui va tout bouleverser :"mongol'" . Ils rigolent bien, les autres. Ludovic, lui ne comprend pas. Alors, il va chercher en secret dans le dictionnaire, et à sa surprise il lit :" Mongol : de la Mongolie", fiers guerriers, coutumes ancestrales, grandes plaines... Il n'en faut pas plus au jeune garçon pour s'identifier au Mongol dont on semble l'avoir traité. Malgré, ou grâce, à la méchanceté ambiante, le garçon va se transformer, se révéler, progresser : se métamorphoser.
Drôle et ludique, la pièce est pleine de promesses.
La mise en scène de Pascale Daniel-Lacombe était intéressante. Le décor mouvant, dans lequel s'emboitent les lieux comme les legos qui constitueraient la vie de Ludovic est un bon point. On passe avec fluidité et sans abuser du noir, de la salle de classe, à la chambre de Ludovic, aux toilettes de la cour de récré dans lesquelles il se réfugie... En revanche, les acteurs portaient des masques dont je n'ai pas compris le sens et pas perçu l'utilité. Le jeu du corps des acteurs n'était pas particulièrement adapté au port de cet outil. L'autre point que j'ai trouvé décevant était l'utilisation de l'espace scénique. L'ensemble de l'action se passait vraiment sur le devant de la scène et de manière latérale. On avait donc l'impression que les comédiens étaient "poussés" vers le public avec derrière eux le mur des décors. Une étroitesse qui se fait ressentir. Peut être s'agissait-il de suggérer le reste des bâtiments qui occuperaient toute la scène, ou bien de créer une intimité avec Ludovic. Quoiqu'il en soit, cela ne fonctionnait pas. Je pense donc que le mise en scène illustrait le texte, mais le fonctionnement de l'ensemble reposait davantage sur l'excellente écriture de Karin Serres que sur un homogénéité de la scène et du texte. Pour finir tout de même sur une note positive, j'ai apprécié le jeu des comédiens et tire mon chapeau pour celui (ou celle : le mystère perdure, les masques tiennent) qui interprétait l'ennemi de Ludovic, son tortionnaire de récré : une attitude, une posture du corps, une gestuelle qui campait merveilleusement l'enfant.




Cécile Mouvet



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