La tragédie, ce n'est pas qu'un héritage antique, c'est aussi l'histoire de l'évolution d'un genre. La publication du Scérén explique très bien ces mutations. Ce que j'apprécie particulièrement dans les numéros TDC c'est cette formule parfaitement équilibrée et encore inégalée de documents iconographiques et de texte. J'attire particulièrement l'attention sur deux chapitres bien menés et pour lesquels peu d'ouvrages synthétiques existent.
Tout d'abord un dossier sur le dispositif scénique qui reprend des notions telles que l'arrivée du rideau de scène en France, le début du décor en tant que véritable élément dramaturgique de la tragédie, le statut du public auquel on dévoile ou non certains éléments scéniques.
Le passage sur la monstration des événements sanglants puis leurs simples évocations est un extrait qui prête particulièrement à la réflexion sur les évolutions de ce qui est admis comme visible (avec possibilité d'ouvrir le débat auprès des jeunes sur l'extrême violence aujourd'hui plébiscité par les médias et les effets attendus/effectifs)
Le second dossier vraiment intéressant crée le lien entre mythe et Histoire grâce à la tragédie. On y apprend pourquoi ceux-ci ne sont pas antinomiques (un article sur le passage du sacré au politique dans la tragédie est aussi à lire pour comprendre le rôle que prend l'Histoire dans la tragédie au XVIIe siècle). Les sources d'inspirations de la tragédie mais aussi sa valorisation en tant que genre évolutif sont abordés par le prisme de la littérature. Dense mais riche.
Une revue qui vous dévoile la tragédie en peu de pages pour beaucoup de connaissances.
La revue est en vente en librairie ou sur le site du CRDP à 5,50€.




Cécile Mouvet

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